le chlorpyriphos, un pesticide finalement nocif

Les pesticides sont une nouvelle fois sur la sellette. Après le glyphosate, le chlordécone, et plus récemment le métham sodium, aujourd’hui, le chlorpyriphos, l’un des pesticides les plus utilisés au monde depuis une cinquantaine d’années, est à son tour pointé du doigt. Considéré comme sans danger par les agences sanitaires, il ne serait en fait pas si innocent, selon une étude parue ce vendredi 16 novembre dans le journal scientifiqueEnvironnemental Health.

Depuis cinquante ans, le pesticide chlorpyriphos est au cœur d’un mystère. La plupart des agences sanitaires le considèrent peu, voire pas du tout, dangereux alors qu’en parallèle, de nombreuses études indépendantes recensent des cas de troubles cérébraux chez des enfants exposés durant la gestation. Une partie de cette énigme est donc peut être en passe d’être résolue.

Actions sur le cervelet

Au début des années 1990, pour renouveler l’homologation de ce pesticide, les agences sanitaires se sont basées sur une étude menée par l’entreprise Dow, un géant mondial des produits chimiques qui commercialise justement le chlorpyriphos. Pas de surprise, cette étude menée sur des rats ne révèle aucun problème lié à ce pesticide.

Un quart de siècle plus tard, une équipe de chercheurs de Harvard décide de mettre son nez dedans et découvre plusieurs anomalies, notamment un effet sur le cervelet des rats exposés qui avait disparu de l’étude de Dow par une manipulation statistique.

Chez l’homme, le cervelet est une zone très importante. Elle est notamment associée au contrôle moteur, au langage ou à l’attention. Du rat à l’homme, il y a un pas à franchir. L’agence sanitaire européenne doit justement se prononcer bientôt sur le renouvellement de l’autorisation du chlorpyriphos. Celle-ci expire fin janvier 2019.

AFP PHOTO / DENIS CHARLET

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