La vie reprend timidement dans le Sud-Est

Après 4 jours de turbulences et de paralysie, la vie commence à reprendre timidement à travers certaines communes du département du Sud-Est. Manifestations de rue, barricades enflammées, des jets de pierre et de tessons de bouteille, tirs et gaz lacrymogène, sont entre autres faits, qu’ont connu particulièrement les communes de Jacmel, Cayes-Jacmel et Marigot, suite aux manifestations du 18 novembre.

Plusieurs communes du département du Sud-Est, jusqu’au mardi 20 novembre 2018, ont été le théâtre de manifestations pour demander des comptes aux dirigeants haïtiens sur la gestion du fonds PetroCaribe et la démission du chef de l’État, Jovenel Moïse.

Ces mouvements avaient des incidences majeures sur le fonctionnement de plusieurs institutions publiques et privées dans la région. Durant la journée du lundi 19 novembre, la population de Jacmel a connu des heures très mouvementées, liées à des manifestations spontanées. Les établissements scolaires, les activités de commerce, les transports en commun, les banques, entre autres, ont été quasiment en dysfonctionnement. Tandis qu’à Cayes-Jacmel les routes sont restées barricadées jusqu’au jeudi 22 novembre. Certains individus sont même arrivés à joindre des pièces d’un pont bout à bout, en les soudant dans la localité de Bambou.

Si les portes des établissements scolaires sont restées fermées durant toute la semaine, dans la matinée du jeudi 22 novembre, les gens commençaient à vaquer à leurs occupations. Les institutions bancaires, le commerce, les seupermarchés, les petites entreprises, entre autres, accueillaient progressivement des clients.

Devant les stations d’essence, les automobilistes et les chauffeurs de taxi-motos faisaient la queue pour s’approvisionner en carburant. De peur d’être victimes, les propriétaires de ces entreprises ont dû faire la livraison goutte à goutte, ce qui empêchaient la reprise totale du transport dans la région.

Pendant ces quatre journées de mobilisation, tout le long du parcours, les manifestants ne cessaient pas d’entonner plusieurs chants dans le cadre de leur mouvement. Des propos hostiles ont été lancés contre le pouvoir en place.

Dans la métropole du Sud-Est, notamment à Jacmel, le 18 novembre, la manif a démarré vers les 10 heures, sur la place d’armes Toussaint Louverture. Au début, on a assisté à une manifestation pacifique. La situation allait dégénérer à la rue St-Philippe et au Portail Léogâne où la foule a été dispersée par des jets de pierre venant de divers endroits. Pour pallier ce désordre, les agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) ont dû faire usage de gaz lacrymogène.

Quelques heures plus tard, à la rue Bourbon, plusieurs individus ont été battus brutalement, y compris Sassaille Louis, coordonnateur départemental de Tèt ansanm pour le sauvetage haïtien (TASH). Ces agents ont même procédé à la saisie de plusieurs téléphones. Selon le bilan partiel de la journée, sept personnes ont été arrêtées, dont le leader politique Sassaille Louis.

Suite à une rencontre entre les hauts gradés de la Police nationale d’Haïti (PNH), branche Sud-Est, avec certains avocats du barreau de Jacmel, dont Mes Nathanaël Lhérine, Germain Pierre, Mario Colin et Solimane Lamarre, ces manifestants ont été libérés dans l’après-midi du dimanche 18 novembre. Soulignons qu’à chaque fois que la manifestation se remobilise, elle était dispersée par le lancement de gaz lacrymogène.

Claudy Bélizaire claudyb15@yahoo.fr

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