DESSALINES, Le Grand Amour…

  L’Histoire est aussi imperturbable qu’imprévisible. Tel un marionnettiste cynique, elle jongle avec les destinées des Hommes et des nations. La Toile du temps qui passe est sans cesse tissée aux fils des temps qui s’arrêtent pour s’ajuster au dessin du « Grand Œuvre de la Liberté », jamais terminé. – « Liberté ou la Mort », voilà un choix bien ironique pour ceux et celles qui sont mort(e)s pour la Liberté. – Dessalines a vécu, est mort, et est devenu éternel pour la Liberté.

Assassiné pour s’être élevé contre la corruption, ennemi névralgique de la Liberté, son nom sacré banni des lèvres apeurés pendant cent ans, le voilà qui triomphe encore. – Ironie du sort, ceux-là mêmes dont leurs pères spirituels ou génétiques avaient orchestré ce double-obscure exploit d’assassiner l’empereur, et de déclencher la Contre-révolution haïtienne, sont aujourd’hui les plus enthousiastes à « célébrer », (le concept n’est pas mal choisi), l’anniversaire du départ de l’empereur pour « Nan Ginen ».

Veste blanche, cravate noire, ils reviennent annuellement sur les lieux naturels, historiques, et symboliques du crime, question de raviver plus simplement le souvenir, au rythme austère d’un « Te Deum ». Au sempiternel questionnement sur l’identité de l’assassin, la même réponse creuse et indifférente se dresse tel un « sphinx au nez brisé » : « Pèsonn pa konn ki ki te tiye Lanpèrè. » Mais, au moins, on connait la fonction du « Wanted ». – Faudra-t-il moderniser le « Te Deum » en y insérant une question directe à Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, et de tous les colons qui ont déferlé sur AYITI, et de leur postérité après eux. Au diable l’Impartialité ! – Ou bien, ignore-t-on que Jean-Jacques DESSALINES Le Grand était un « Anpèrè Bizango », et qu’il n’en avait rien à foutre des chantages et des menaces d’enfer, quand il devait endosser ses responsabilités dans l’intérêt de sa civilisation, de sa race, et leur postérité ? – Le Libérateur n’a pas craint pour sa vie ni son âme. Il s’en trouve digne de les avoir, et en les livrant au « Grand Mystère », en sacrifice, sur l’autel de la « Liberté ou La Mort », il les gagne pour toutes les éternités, et fusionne avec l’énergie de ses ancêtres, dans leur lieu naturel, symbolique, et cosmique : « Nan Ginen ».

« Nan Ginen » est la cristallisation de la vision existentielle du « Kamit », et l’idéalisation du bien-être collectif des Noirs, portée dans sa puissance imaginatrice cosmique, loin de « L’Occident Chrétien » et de ses paradigmes qui aliènent l’Humanité.

La libération de l’homme noir est celle de « L’HUMANITÉ » en tant que principe actif et ontologique de cette façon sublime, qu’a la Vie, de se manifester.

La dimension de l’homme est cosmique. Jean-Jacques DESSALINES est bien le créateur d’un « Nouvel Ordre D’Humanisme » : « Celui qui fait reculer les lumières blanches de la corruption, principe actif et ontologique de la chute de l’Homme, et de l’aliénation de l’Humanité. »

Il n’y a as, en effet, de doute que la dynamique « Corruption-Liberté » est inversement proportionnelle. Plus on est corrompu moins on est libre, plus on est libre moins on est corrompu. – DESSALINES l’a comprise, il est assassiné. DESSALINES l’a comprise, il est Vivant. – Le vaste crime financier orchestré dans le cadre de « L’Accord Petrocaribe » est un exemple typique.

Ce cas, à l’instar de l’assassinat de l’empereur, ont cette vilaine chose en commun, qu’ils empêchent au peuple mythique d’Ayiti d’avoir accès à la richesse économique qui lui revient, et se faisant, rend impossible « Le Grand Œuvre de La Liberté ».

« Le Grand Œuvre de la Liberté » est celui là même qui pose la question problématique : « Et ceux dont leurs pères sont en Afrique, n’auront-ils donc rien ? »

Par ailleurs, des fondations aux soubassements, puis à l’édifice, seule une compréhension systématique amène à déceler la structure de la conscience du système, les appareils qui la créent, l’alimentent, la conservent, et propose de découvrir le point de craquage et d’effondrement.

En attendant, la vérité historique pour certains, la force des choses pour d’autres, imposent DESSALINES comme le Grand Amour, au grand damne des traitres qui sont dans nos rangs – car « San DESALIN pi fò. »

  « Que la postérité de DESSALINES, ma génération, ne craigne ni pour sa vie ni pour son âme, car d’elle, ses enfants attendent le même sacrifice que celui de L’Empereur envers nous tous !!! »

 

Me Jean-Marcus RAYMOND, Av.

  • Mèt Peleren

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *