Après les manifestations et les barricades, le Sud-Est retrouve sa vie normale

Le département du Sud-Est commence à retrouver son visage paisible, quelques cinq jours après la série de mouvements de protestation initiée par les Petrochallengers et d’autres acteurs de la région, qui ne cessent de demander des comptes sur la gestion du fonds PetroCaribe par les dirigeants haïtiens. Jacmel, Cayes-Jacmel, Marigot, entre autres, les principales communes de la région où toutes les activités ont été paralysées depuis le dimanche 18 novembre 2018, ont connu un vendredi plutôt rassurant le 23 novembre.

Impatiens de voir la reprise des activités dans leur commune respective, les citoyens et citoyennes, très tôt dans la matinée du vendredi, étaient déjà dans les rues. À la banque, dans les entreprises privées, dans les marchés publics, aux supermarchés, dans la fonction publique, tout le monde était au boulot.

Les quatre jours de paralysie qu’a connus le département du Sud-Est ont entraîné d’énormes déficits aux yeux de plus d’un. En temps normal, la plage Raymond les Bains, située dans la commune de Cayes-Jacmel, accueillait des centaines de visiteurs par jour. Les barricades qui ont été érigées sur le parcours, avaient tout bloqué.

« J’ai perdu des milliers de gourdes à cause de cette situation de désordre qui a régné dans la commune. Tous les poissons que j’avais en conservation sont en état de décomposition », a expliqué une marchande retrouvée sur la plage de Raymond-les-Bains.

« La rareté de carburant aux stations d’essence et l’absence de courant durant les jours de protestation avaient rendu dysfonctionnel mon business », a déclaré un responsable d’entreprise de boissons gazeuses.

En outre, le blocage des routes de Marigot, section communale de Cap-Rouge, Cayes-Jacmel et la Vallée de Jacmel, considérées comme des pricipaux greniers du département du Sud-Est, a eu des impacts négatifs sur la population l’empêchant de s’approvisionner en produits alimentaires. «L’inaccessiblité des routes a occasionné des pertes pour les marchands, qui ont vu leurs produits de cultures vivrières s’avarier», a expliqué une originaire de Seguin, commune de Marigot.

Très préoccupé par cette situation, l’ingénieur Jude Pierre Michel Lafontant, délégué départemental du Sud-Est, dit avoir rencontré divers acteurs de la communauté en vue de trouver une solution à la crise à laquelle le département est confronté suite aux différents mouvements de protestation. « Cette réunion fructueuse avec des acteurs politiques, des leaders, des jeunes, des notables a permis le déblocage des routes et la reprise des activités », a-t-il indiqué.

Tout en reconnaissant justes et légitimes les revendications des petrochallengers qui réclament des explications sur l’utilisation du fonds PetroCaribe, le représentant de l’exécutif dans la région rappelle aux initiateurs de ce mouvement que le chef de l’État, Jovenel Moïse, a déjà donné des instructions formelles aux instances compétentes pour travailler sur ce dossier. Toutefois, M. Jude Pierre Michel Lafontant condamne énergiquement le comportement de certains politiciens, qui selon lui, servent de l’affaire du fonds Petrocaribe pour régler leurs intérêts politiques et sèment le désordre dans le pays.

En ce qui a trait à la semaine de classe qui a été complètement gâchée, le délégué du Sud-Est a fait savoir que des dispositions ont été prises par la Police nationale d’Haïti (PNH) dans la région, afin de garantir la sécurité des écoliers.

« Des instructions ont été communiquées à M. Emmanuel Nicaisse, directeur départemental de l’Éducation du Sud-Est, qui à son tour, a la responsabilité de les acheminer aux inspecteurs et directeurs d’écoles, en vue de garantir la réouverture des classes le lundi 26 novembre prochain. Les bus de Dignité assurant le transport gratuit des écoliers seront disponibles », a précisé M. Lafontant, invitant les parents à envoyer leurs enfants à l’école convenablement.

Par ailleurs, devant les différentes stations d’essence de la région, les automobilistes, les chaffeurs de taxis-motos et les gens de toutes catégories font la queue pour s’approvisionner en carburant.

Claudy Bélizaire claudyb15@yahoo.fr

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