L’opposition sénatoriale présentera un plan post-Jovenel Moïse d’ici mardi

Les quatre sénateurs de l’opposition, épaulés par le sénateur Youri Latortue, ont rencontré la presse le vendredi 14 juin 2019 au Parlement haïtien. L’objectif est de se prononcer sur la situation actuelle du pays, marquée notamment par des appels à la démission du chef de l’État Jovenel Moïse, mais surtout d’annoncer qu’ils auront à présenter à la nation un plan après Jovenel Moïse. Ce plan, qui sera dressé après consultation des différents secteurs du pays, doit permettre, selon eux, de mieux redémarrer le pays au lendemain du départ rêvé de Jovenel Moïse.

Publié le 2019-06-14 | Le Nouvelliste

Devenus les maîtres du Sénat depuis leur dernière descente des lieux pour empêcher la tenue de la troisième séance de ratification de la politique générale du Premier ministre Jean-Michel Lapin, les quatre sénateurs de l’opposition, appuyés par le sénateur Youri Latortue, ont présenté cette conférence de presse qui, en réalité, n’a été suivie d’aucune question des journalistes présents. Les sénateurs étaient trop pressés.

Selon le sénateur Youri Latortue, à ce stade de la lutte contre la dilapidation des fonds PetroCaribe, il ne revient pas au président Jovenel Moïse de prouver qu’il n’est pas corrompu. Et puisqu’il revient à la justice de faire jaillir la lumière sur ce dossier, Youri Latortue invite le Sénat, sans aucun stratagème, à transmettre le dossier par-devant la justice. Selon lui, le président aura bien à se défendre, mais par-devant la justice et non dans les medias, car dans l’affaire PetroCaribe, « il n’est pas question de politique » rappelle le sénateur Youri Latortue.

Devant cette soif avérée de justice, le sénateur Nenèl Cassy soutient que la démission du chef de l’État est une condition sine qua non, puisque, selon lui, « seul un tribunal peut confirmer que Jovenel n’est pas un dilapidateur », lors du procès PetroCaribe.

Nenèl Cassy peut ici s’enorgueillir du fait que divers secteurs de la société se sont prononcés en faveur de la démission du président Jovenel Moïse qu’ils estiment « faire partie du problème et non de la solution ». Et comme quelqu’un qui se sent constamment en danger, il appelle la population à soutenir ces secteurs, car, « l’international, notamment le Core Group, ne cesse de faire pression sur ces secteurs pour qu’ils reviennent sur leur position », au dire de Nenèl Cassy.

C’est dans cette optique de mobilisation que le sénateur Antonio Cheramy tente de maintenir le flambeau allumé en sortant l’adage « bwa pi wo ak grenn pwomennen ». Selon lui, le peuple peut voir plus loin et mieux anticiper les évènements contrairement aux dirigeants. Et fort de ces éloges, Antonio Cheramy invite les protestataires à s’attaquer aux bureaux des institutions de l’Etat à travers les dix départements du pays, en les verrouillant afin de mieux affaiblir le pouvoir. « Si nous abandonnons la lutte, nous serons les perdants, et ce pour longtemps encore », dit-il.

Et pour ceux qui croient que l’opposition n’a qu’une vision apocalyptique du pays, Évalière Beauplan annonce un plan pour redresser la barque après le départ de Jovenel Moïse. De prime abord, il indique que les quatre sénateurs de l’opposition à eux seuls « n’ont pas la solution aux problèmes du pays », annonçant que le groupe dont il fait partie espère écrire et inviter tous les acteurs de la vie nationale à se prononcer sur le comment gérer le pays après Jovenel qui, pour lui, n’est plus aux manœuvres.

« Loin de nous l’idée d’être le pic de la Mirandole », confesse Évalière Beauplan, qui indique que d’ici mardi la proposition qui émanera de la réflexion des secteurs sera rendue publique.

Auteur: Samuel Celiné

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