Livres en Liberté dans tous les rêves à Jacmel

Définitivement, l’activité culturelle liée au culte du livre foisonne dans la métropole du Sud-Est. Après le premier Salon international du livre de Jacmel sous le label des Editions Púlucia, en novembre dernier, c’est le tour de Livres en liberté de la Bibliothèque Georges Castera du Limbé ce week-end. Une caravane d’écrivains en marche. Pendant deux jours, les jeunes ont investi l’hôtel Florita, le site mythique de plusieurs champs d’activité culturelle, pour célébrer le livre dans toute sa splendeur.

Ce week-end, Livres en liberté a élu domicile dans la ville de Jacmel. Pour sa 55e édition, cette manifestation culturelle a bien huilé sa machine. Elle a mis en avant le dynamisme des jeunes de la place. Une programmation enrichissante tournée vers les jeunes. Une dizaine d’écrivains signant des nouveaux titres. Pierre Josué Agénor Cadet, Lyonel Trouillot, Gary Victor, Reynaldo Pierre-Louis, Christophe Philippe Charles, Bénito Moreau, Frantz Large, Maurice Cadet, Emerson Villebrun, Gaperault Joseph, Jean Emmanuel Jacquet, Mme Franck Paul, Ronald C. Paul, l’invité d’honneur de cette édition, entre autres, étaient enchantés de rencontrer leurs jeunes lecteurs.

L’ambiance était à son comble. Les va-et-vient animaient la rue du Commerce. Vente-signature, musique, éclats de rires, retrouvailles, causeries enflammaient l’espace. Dans les galeries de la rue du commerce, se dressaient différents pavillons : on retrouve le rayon de la Bibliothèque nationale d’Haïti (BNC), puis celui de la Librairie du Succès, plus haut le stand de Communications Plus d’Anaïse Chavenet côtoyant un pavillon de l’artisanat haïtien. Dans la cour de l’hôtel, un beau rayon est destiné aux enfants. À l’intérieur, d’un côté s’impose le rayon des Éditions du Canapé-Vert et l’œil bienveillant de Madame Franck Paul et de l’autre nichent les magiciens du verbe.

Les jeunes se donnent à cœur joie

Les nombreux établissements scolaires de la ville se sont unis le temps d’un week-end. Comme des mots, ils se sont fondus au fond des pages blanches. Le livre a été pris en otage par les fils et les filles de René Depestre, le chantre d’Hadriana. Ces jeunes déambulaient d’un lieu à un autre. De la Taverne Resto à l’hôtel Florita, ils ont suivi des ateliers. Ils participaient à des causeries et honoraient des personnalités. Ils poursuivent leurs rêves. Que c’est beau ! Des jeunes qui se sont mobilisés pour apprendre. Les connaissances sont dans les livres. On peut rêver d’un lendemain meilleur avec cette initiative libérant vraiment le livre.

Le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Josué Agénor Cadet, a salué la dynamique dans laquelle s’inscrit cette activité. Il a félicité Clément Benoit d’avoir gardé allumé le flambeau. Il s’est dit heureux d’accompagner cette initiative. Dans la mesure où celle-ci tend à déconcentrer le livre. Livres en liberté, événement de grand calibre, a gagné toutes les provinces d’Haïti. Une initiative originale. Elle tend à toucher les 46 communes du pays. « C’est une activité en déplacement qui a trouvé l’adhésion de toute la société », a-t-il soutenu.

Cette déconcentration est fondamentale. Chaque coin peut vivre ce rêve à part entière. Pour Jean Emmanuel Jacquet, qui signait son livre, Trapez, c’est une opportunité qu’a l’écrivain de rencontrer son lecteur. Cette activité, l’extériorisation de la complicité qui existe entre l’auteur et son lecteur.

Comment stimuler les jeunes à la lecture si le livre ne se trouve pas à leur portée ? se demande plus d’un. Christophe Philippe Charles des Éditions Choucoune a évoqué la place du livre dans tout projet de développement. Il pense que la culture doit être mise à la portée des jeunes. « Livres en liberté me permet de rencontrer les jeunes. C’est toujours une très belle expérience », a fait savoir Christophe.

Les livres doivent faire partie du quotidien des jeunes. Comme le manger et le boire, ils doivent s’en nourrir. « Je conseille aux jeunes de prendre les livres en otage », a déclaré Reynaldo Pierre-Louis, l’auteur du livre « Astéroïdes fulgurants ». Je veux que le livre serve de repères à cette génération qui manque de repère et de valeurs. Aussi de boussole anthologique. « Le livre doit participer à la construction de la citoyenneté », a-t-il poursuivi.

Maurice Cadet, l’auteur de Cicatrices, n’a pas caché son émotion devant la beauté de cette manifestation culturelle. Il se dit satisfait de l’ambiance qu’a créée cette manifestation pendant ces deux jours. Ce sont des expériences qui ont été exploitées. Que les jeunes s’habituent à la lecture. Sans livre, il n’y a pas d’avenir culturel », conseille le doyen des écrivains jacméliens.

Livres en liberté, c’est un bonheur partagé. Le souhait de voir perdurer dans la ville d’Alcibiade Pommayrac ce genre de manifestation culturelle. C’est aussi l’orgueil des Jacméliens de garder précieusement l’image que projette la ville de Jacmel. Des visiteurs ont pris du plaisir à cet événement.

Immaculène Jeandot, 26 ans, juriste, estime importante cette initiative de la Bibliothèque Georges Castera du Limbé. Elle a tout son mérite. Dans la mesure où elle intègre les jeunes. Ce sont les jeunes qui agissent. Il nous faut davantage d’activités de ce genre dans la ville. « Que les jeunes profitent pleinement de cette manifestation pour se former davantage et suivre l’exemple de Clément! », a-t-elle précisé.

Edner Point Du Jour, juriste, étudiant en administration, se dit fasciné par l’ambiance qui règne dans la ville. Jacmel est une ville culturelle. Le livre doit occuper une grande place dans la vie des gens. Le livre peut améliorer notre situation de peuple. Il peut changer cette réalité que nous vivons actuellement. « C’est une noble initiative », a-t-il conclu.

À la fin de l’événement, Jean Jean Roosevelt a charmé l’assistance qui l’attendait avec impatience.

Source: Le Nouvellise/ Elien Pierre Elienpierre60@yahoo.com

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