Par peur du climat d’insécurité, le Père Noël passe loin d’Haïti cette année

En Haïti, la Noël, fête de la naissance de Jésus-christ célèbre tous les 25 décembre. C’est une période de réconciliation, de jouissances et de partage. C’est le moment après une année de dur labeur pour les chrétiens de remercier l’être suprême. Les autres en profitent pour fêter avec leur  famille et leurs amis.

En cette période de fête dès le mois de novembre, on ressent la chaleur de la fin de l’année. Des chansons dédiées en cette occasion l’une plus intéressante que les autres sont en rotation dans toutes les stations de radio. Ces chansons cantonnent dans tous les coins du pays. Les enfants ainsi que les grands les fredonnent au jour le jour.On organise des concours de chansons de Noël dans les médias. De nouvelles voix s’ouvrent dans le monde culturel.

En plus la ville est vraiment mouvementée, on parle que du père Noël. Des activités d’échanges des cadeaux s’organisent à l’école et aussi à l’église. Des pétards, des étoiles de feu font l’objet des enfants pour manifester leur joie. Il y a du nettoyage et des décorations dans les rues. Presque toutes les maisons sont décorées avec des sapins de Noël et des fanaux. On distribue des cadeaux aux enfants afin d’avoir l’esprit de Noël.

Par ailleurs, la fête de noël nous a permis de découvrir la voix et le talent de Lionel Benjamin, dans sa chanson titrée « Ab de nwèl », et Wesner Bellegarde dans un concours de chanson. Aujourd’hui, les artistes ne se préoccupent pas de cette période et les concours se font rares.

Pendant les cinq dernières années, la fête de noël ne fait que perdre de l’ampleur et son essence en Haïti. La politique s’occupe les débats.Très peu de médias diffusent les chansons de noël. Le niveau d’insécurité, la pauvreté extrême, ce sont les causes du détachement de tout intérêt des citoyens et citoyennes à cette fête. Dans certains lieux du pays, ce sont les bruits des armes à feu qui résonnent en lieu et place des pétards artificiels. Il y a une psychose de peur au niveau de la population. C’est ce qui fragilise cette grande période.

Dans le département du Sud-Est, à Jacmel plus précisément, dans la période de Noël, il y avait autrefois, des compétitions dans les quartiers en organisant des concours de décorations. C’était une période de couleur, les gens profitaient pour acheter de nouveaux vêtements. On repeint les maisons abîmées. Il y avait une foultitude de personnes dans les rues, elles sortaient pour embellir leurs maisons en achetant de nouveaux objets. En plus, les haïtiens vivant dans la diaspora rentraient pour fêter en famille par ce qu’ils jugent en cette période, qu’il n’y a pas mieux ailleurs. Les enfants connaissent les chansons de noël par cœur. La ville était vraiment en activité.

Aujourd’hui, en 2018, c’est plus qu’une honte, ce sont les conflits entre les quartiers. Les compatriotes de la diaspora ne rentrent plus, rares ceux qui sont venus. Ils ont une grande peur. Ils ne se trouvent plus en sécurité dans leur propre pays. Les gens commencent à fêter timidement vu que leur esprit n’est plus en fête. La misère, le chômage, ce sont les indices.

En outre, dans la capitale c’est beaucoup plus corsé. Les gens ne ressentent plus cette période de fête puisqu’ils ne peuvent pas sortir en toute quiétude. Les meurtres, les coups de canons dominent l’actualité. Du chaud, du froid, telles sont la température qui affecte la capitale. L’esprit de Noël est dans la pensée, mais comment doit-on le fêter dans cette conjoncture ?

En somme, la population est presque désactivée avec nos traditions vu la conjoncture du pays ces derniers temps.C’est ce qui baisse l’intensité de cette grande période de fête.

Source: RRI / Damas Glaude, damasglaude31@gmail.com

 

 

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