A Jacmel, ils marchent pour les cas Lambert…

Plusieurs centaines de partisans et sympathisants du sénateur de la République, Joseph Lambert, ainsi que des membres du parti politique « Konbit Nasyonal » (KONA), de concert avec des membres du Rasanbleman patriyòt pwogresis pou devlopman (RPPD), le parti dirigé par Edwin Daniel Zenny, ont marché dans les rues de Jacmel, le vendredi 7 septembre 2018, en vue d’apporter leur soutien à l’élu du Sud-Est, également leader dudit parti. Ces pro-Lambert ont dénoncé à travers ce mouvement, plusieurs actes de banditisme perpétrés non seulement sur les résidences du parlementaire à Delmas 40 B, mais aussi des attaques visant à ternir  l’intégrité et l’honneur de leur  patron politique.

Tandis qu’une déclaration audio communément appelée « voice », du président du sénat de la République, le Sénateur Joseph Lambert, a été devenue virale sur les réseaux sociaux, très tôt dans la matinée du Jeudi 6 septembre, soit un jour avant l’organisation de cette marche pacifique. Dans ce message, le chef du KONA était en train d’inviter ses membres, en provenance de Côtes-de-fer à Anse-à-Pitres, ses partisans et sympathisants, ainsi des cadres de la fonction publique à descendre dans les rues, à travers cette marche dont le parlementaire symbolise de « marche de solidarité » à sa personne. Mais surtout, qui vise à  consolider le pouvoir de Lambert.

« Pou moun mwen tande kap di yo pa gen mwayen pou peye transpò pou vini nan mach sa, epi kap tann se mwen ki pou voye mwayen pou yo. Mwen tou lanse mizangad sa, si nou di nou pa gen mwayen pou vinn nan mach sa, nou pa bezwen vinn nan antèmanm tou. Si nou paka vinn mache pou KONA kapab rete an vi, ak lidè nou an, se kòmsi tou tap tann tou se mwen ki pou voye mwayen pou vini antèmanm » auditionne-t-on dans le message du Sénateur Lambert.

Ce message avait suscité de vives réactions que ce soit dans le milieu politique de l’opposition dans le Sud-Est, mais également au sein de la classe estudiantine. Certains gens ont mis l’accent sur l’appel fait par Lambert aux employés de la fonction publique, les invitants à se manifester en sa faveur. Ces personnes qualifient cette invitation comme un acte visant une fois de plus, à affaiblir les institutions étatiques dans le pays, en continuant aussi à les politiser. Tandis que d’autres citoyens parlent d’une invitation agressive, harceleuse et autoritaire, lancée par le Sénateur Lambert, à ses poulains.

Depuis sa prise de pouvoir politique, il y a plus d’une trentaine d’années, en passant par les postes d’ASEC, Député de Jacmel, jusuq’au Sénateur et président de l’Assemblée nationale à deux reprises. Pour une première fois, Joseph Lambert, a accordé une si grande importance à une marche pacifique en sa faveur. D’ailleurs, le parlementaire, étant coordonnateur national du KONA, a voulu à tout prix jouer, en même temps, les rôles des Relations publiques et des délégués dudit parti, en invitant tout le monde à y participer.

Ayant à leur tête, Hector Noël et Me Annibal Coffy, respectivement coordonnateur régional du KONA dans le Sud-Est, et chef du Cabinet de Joseph Lambert, vêtus de maillots de couleur blanche, munis de pancarte servant à donner des avis au public, les partisans et sympathisants, ainsi que les membres de KONA, ont marché depuis devant les locaux du Stadium Jacques Khawly, sur l’avenue Barranquilla de Jacmel, au niveau de Saint-Cyr, jusqu’au bureaux dudit parti à l’avenue la Liberté.

Comme demandé le Sénateur Lambert, plusieurs cadres de l’administration publique dans la région ont participé activement à ce mouvement, dont des directeurs et directrices des bureaux déconcentrés, comme par exemple, Environnement, MENFP, OAVCT, DINEPA, du Parquet de Jacmel, et du Tribunal de Première Instance, ainsi que employés de l’ONA, la DGI, l’hôpital Saint-Michel, l’OFATMA, entre autres.

S’autoproclamé « Animal politique », le Sénateur Lambert dénonce le silence des autorités du pays, notamment celles de la justice dans le cadre de l’attaque des individus armés contre sa résidence privée récemment. Il critique énergiquement le comportement des représentants des organisations des droits humains qui, selon lui, face à cette attaque qui pourrait coûter ma vie, sont restés muets jusqu’à date.

À l’issue de cette marche pacifique, Hector Noël, coordonnateur départemental du KONA, en a profité pour dénoncer le phénomène banditisme qui, chaque jour, prend de l’ampleur dans la métropole du Sud-Est.

À un moment où les photos de plusieurs personnalités politiques et de la fonction publique sont placardées ça et là, dont celle de Joseph Lambert, dans le cadre du mouvement initié par des citoyens pour demander compte sur l’utilisation du fonds Pétro Caribé. Ce dernier, lui, avait invité ces partisans à prendre la voie du macadam pour faire entendre leur voix, particulièrement pour consolider son hégémonie politique. « Tout bèt jennen mòde », dit-on. L’animal politique se voit peut-être dans le mal ?

Claudy Bélizaire claudyb15@yahoo.fr 

 

 

Une pensée sur “A Jacmel, ils marchent pour les cas Lambert…

  • 23 septembre 2018 à 22 h 46 min
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    Des cas Lambert qui se prononcent tristement mais que l’on arrive pas vraiment à expliquer. Ils surgissent quand la conscience nationale veut pointer son petit doigt, quand certaines âmes somnolantes se voient dans l’obligation de se secouer les couilles. Mais, celà n’empêchera pas le pétro-challenge de vogue dans toutes les fissures possibles, dans toutes les artères, dans toutes les veines de la corruption qui, dans un sens orienté, assèche les dernières gouttes de vin rouge du sang des dites basses classes de mon pays. Alors, que ces cas Lambert cessent et prêtent souffle à la respiration du peuple.

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